Mettre autour d’une même table médecins, paramédicaux, pharmaciens, professions sociales et patients, ce n’est pas qu’un vœu pieux. C’est une réponse à de multiples urgences :
Être efficace demande de se poser les bonnes questions, dans l’ordre local :
Les dynamiques qui fonctionnent, en Bretagne ou ailleurs (voir les expériences inspirantes d’Ille-et-Vilaine et du Finistère Sud ; source : URPS Bretagne, 2023), suivent souvent un chemin commun – mais jamais linéaire. Voici les jalons identifiés à travers différents retours de terrain :
En coordination médicale, pas de baguette magique… mais quelques « filets » pour gagner du temps et éviter la déperdition d’information.
Du côté des soignants, ce qui coince le plus souvent dans la CPTS, c’est :
Les solutions qui marchent ? L’ancrage local – s’appuyer sur les alliances historiques entre praticiens, avoir des référents autonomes, mais aussi valoriser le « petit pas » (une problématique, un groupe de travail, une solution à tester localement).
Voici un tableau récapitulatif de différentes les expériences locales, leurs modalités et leurs résultats :
| Territoire | Modalités de coordination | Résultats concrets observés |
|---|---|---|
| CPTS Brocéliande (Ille-et-Vilaine) | - Réunions mensuelles pluri-pro avec inclusion des paramédicaux- Référent « personnes âgées » identifié- Utilisation systématique du DMP | - Réduction de 14% des retards de prise en charge en gériatrie sur 2 ans- Satisfaction accrue (enquête ARS 2023) |
| CPTS Douarnenez Cap-Sizun | - Fiches de fragilité partagées- Réunions « fatigue professionnelle » trimestrielles | - Diminution de 11% des passages aux urgences pour des accidents domestiques (2021-2023) |
| CPTS Saint-Brieuc Agglomération | - Task force pour prise en charge des soins non programmés/migrants- Travail conjoint avec le DAC local | - Réduction du « no-show » de 18% pour les premières consultations (source : Médialogue 22) |
Une coordination médicale forte en CPTS ne se décrète pas, même armé du meilleur PowerPoint téléchargé sur le site du Ministère. Il faut de la patience, du dialogue, de l’écoute – et l’acceptation de l’imperfection. En Bretagne, la force réside dans la créativité et le pragmatisme : accepter de tester, d’échouer parfois, mais surtout de s’autoriser à adapter le modèle aux besoins et aux cultures locales.
Faciliter la coordination médicale, c’est se donner la chance d’offrir un meilleur « prendre soin », pour les soignants aussi : plus de clarté, moins de solitude, davantage d’impact concret. Le défi est immense, mais la dynamique CPTS, si on l’investit vraiment, peut – entre Trégor, Bro Gozh et Presqu’île de Rhuys – dessiner une vraie nouvelle page de la médecine libérale bretonne.